Ca commence au loin, ca s'approche, c'est comme le tonnere. Ca arrive et on capte la petite difference qui fait que c'est beaucoup moin naturel que l'orage. C'est le bruit des avions militaires. Ici, c'est a peu pres tout ce qu'on entend. Ah, il y a aussi de temps en temps l'alarme qui s'enclenche dans la rue pour que tout les habitants aillent dans les abris. Aujourd'hui on a decide de ne pas sortir de la maison. Mais les autres jours, on fait beaucoup de choses. Entre autre, hier : Jerusalem. Je vais essayer de trouver les mots pour dire ce qu'il se passe en vous quand on va la bas. D'abord, pour les filles il faut mieux se couvrir un minimum. Je mets donc un grand voile sur mes epaules. Il fait chaud, et on entre dans les ruelles du vieux Jerusalem. C'est la premiere fois pour moi et c'est assez surprenant, je crois que c'est l'endroit que j'ai vu ou il y a le plus de religions representees en meme temps. Certain ferment les yeux et prient en marchant, d'autres se contentent de regarder comme n'importe qui le ferait. On passe dans un souk, il y a des marchands des deux cotés de la rue qui nous agressent presque pour qu'on leur achete quelque chose. Tom me dit qu'il ne faut pas leur repondre. il fait chaud. La rue est en pente et un jeune homme essaye de la monter en poussant sa charrette de marchandises, il transpire. Tout le monde crie, c'est à croire qu'ils jouent à celui qui arrivera à crier le plus fort. On arrive à l'eglise St Sépulcre. L'entrée est bondée. Des gens se couchent pour prier sur la pierre dite être la pierre où le corps de Jesus a été nettoyé après la crucifixion. Et là, ca fait un peu peur de voir tout ca. Ils ont une foi aveugle, ils se couchent sur la pierre et l'embrassent. Nous passons la pierre pour voir un temple a l'interieur de l'Eglise ( Il y a une file immence pour y entrer, nous n'y entrons pas), le toit au dessus est en forme de coupole, il y a un trou pour laisser passer la lumiere sainte. Passons l'Eglise, il n'y a plus rien d'important a raconter. On reprend le chemin pour aller voir le mur des lamentations. Passage dans les ruelles, toujours en pente ou en montée. On arrive au point de securité (controles) pour entrer dans la grande place du mur. En sortant, un juif religieux, prie sans regarder devant lui. Il a un tres grand chapeau en fourrure, et Colin et moi disons à l'unisson qu'il doit avoir chaud. (Habitues a ce que l'on ne comprenne pas le francais, comme d'habitude ca ne pose aucun probleme) dans la rue du point de securite, il y aussi un autre juif religieux qui crie en Hebreu des trucs comme "Dieu est grannd !" Isabelle (ma tante) nous explique qu'il n'est pas content parce que la securité ne le laisse pas rentrer. Nous passons donc le point de securite et faisons la separation entre les femmes et les hommes. (Separation pour aller prier devant le mur) J'arrive devant le mur. Je ne prie pas mais suis tres attentive, on entant au loin les musulmans qui prient au dessus du mur sur l'esplanade des Mosquées. Le "fou" qui n'a pas pu passer la securité leur repond. Je me dit qu'il va avoir mal a la gorge au moment où Isabelle l'exprime tout haut. En s'approchant du mur on voit tout les papiers enfonces dans le mur en signe de voeu, de loin ca ressemble plus a du chewing gum colle qu'a du papier. En partant, certaines marchent en arriere pour ne pas tourner le dos au lieu saint. Je ne sais pas ce que je dois faire, je demande. Isabelle me dit que je peux me retourner et que ca ne sera pas mal vu. Je choisi donc de me retourner par facilite. Nous nous en allons retrouver les garcons. Eux ont du porter une kipa. Pour sortir il faut repasser par la securite. Ensuite, nous remontons dans le rues pour pouvoir apercevoir le toit dore de l'El-Aksah. (Je ne sais pas du tout comment on l'ecrit) On se perd un peu dans la ville. Il fait tres chaud, je n'ose pas enlever le voile de mes epaules. Isabelle et Colin me disent que je peux puisque noa et Chen (copine de Tom) l'on enleve alors je l'enleve un peu, mais le regard qu'ont les hommes religieux sur moi est plutot noir, ils me genent, je recouvre mes epaules. On a soif. On croisent des enfants qui jouent. Une petite fille dit avec une voix grave, en couvrant les miaulements qui s'echappent d'une porte, qu'il y a un chat enferme dans les toilettes ("Yesh hatoula neoula basherutim"). On sourit. Puis, on decide retourner a la voiture et je suis satisfaite d'avoir vu Jerusalem. Je l'aurai vue de mon vivant. La ville. La ville des religions. Un des coeur du monde. Jerusalem.
Maintenant, je suis a Tivon. On n'entend plus le grondement des avions et ca va faire bientot trois heures que l'alarme n'a plus retentit. J'entends Tom jouer de la guitarre dans sa chambre, Noa rigole avec une amie au telephone, et la vie est la.
A bientot,
Alizee.